Le parc photovoltaïque au sol, aussi appelé ferme solaire, s’impose comme une solution de production d’électricité renouvelable à grande échelle. Ce type d’installation intéresse les propriétaires fonciers, les agriculteurs, les collectivités et les entreprises qui cherchent à valoriser des surfaces peu exploitées tout en participant à la transition énergétique.
En France, le solaire poursuit sa progression. Selon les données de l’OFB, la capacité installée du photovoltaïque au sol atteignait 22,2 GW en juin 2024, avec une trajectoire de doublement d’ici 2030 et de triplement d’ici 2035 dans le cadre de la programmation énergétique. Le sujet ne se limite pourtant pas à la production électrique. Il engage aussi des questions de foncier, de biodiversité, d’urbanisme, de modèle économique et de réversibilité des sites.
Cet article fait le point sur le fonctionnement d’une centrale solaire au sol, les terrains adaptés, les règles à respecter, les coûts à anticiper et les perspectives de rentabilité.
Qu’est-ce qu’un parc photovoltaïque au sol
Un parc photovoltaïque au sol est une installation de production d’électricité composée de panneaux solaires posés directement sur le terrain, en rangées, puis reliés entre eux. Son principe est le même que pour une installation en toiture, mais à une échelle bien plus importante.
Ces centrales couvrent souvent plusieurs hectares et peuvent atteindre plusieurs dizaines de MWc. À titre de comparaison, une installation résidentielle en toiture se situe généralement entre 3 kWc et 9 kWc. Les parcs au sol appartiennent donc à une autre catégorie de projet, avec davantage d’ingénierie, d’autorisations et de financement.
L’électricité produite est une énergie propre, gratuite à la source et renouvelable. Elle peut être injectée sur le réseau public, vendue dans le cadre d’un contrat, consommée localement ou intégrée à des schémas d’autoconsommation collective.
Comment fonctionne une centrale solaire au sol
Le fonctionnement repose sur l’effet photovoltaïque. Les cellules, souvent à base de silicium, captent le rayonnement solaire. Cette énergie libère des électrons et génère un courant continu. Un onduleur transforme ensuite ce courant en courant alternatif, compatible avec les usages électriques et le réseau.
Une centrale solaire au sol comprend généralement :
- des panneaux photovoltaïques installés sur structures fixes ou mobiles ;
- des onduleurs ;
- des câblages et postes électriques ;
- un système de supervision ;
- un raccordement au réseau, souvent via Enedis selon le schéma de connexion ;
- des aménagements de sécurité, d’accès et de maintenance.
Selon la destination du projet, l’électricité peut servir à plusieurs usages :
- la vente totale de la production ;
- l’autoconsommation pour une entreprise ou un site industriel ;
- l’autoconsommation collective avec partage local entre plusieurs consommateurs ;
- la vente dans le cadre d’un PPA ou sur les marchés de gros.
Quels sont les différents types d’installations au sol
Il existe plusieurs modèles de centrales, avec des logiques techniques et économiques différentes.

| Type d’installation | Principe | Atout principal | Point de vigilance |
|---|---|---|---|
| Installation fixe | Panneaux ancrés au sol, souvent orientés vers le sud | Solution simple et robuste | Production moins optimisée sur la journée |
| Installation avec trackers | Panneaux mobiles suivant la course du soleil | Jusqu’à 40 % d’électricité en plus | Coût et maintenance plus élevés |
| Centrale flottante | Panneaux installés sur un plan d’eau | Valorisation d’une surface aquatique inutilisée | Contraintes techniques et environnementales spécifiques |
| Projet agrivoltaïque | Production solaire combinée à une activité agricole | Double usage de la parcelle | Cadre réglementaire plus exigeant |
Les panneaux fixes restent le format le plus courant. Les trackers sont choisis lorsque l’objectif est de maximiser la production, en particulier sur des terrains adaptés à ce type de structure. Les projets flottants concernent surtout des collectivités, sites industriels ou entreprises disposant de plans d’eau inutilisés.
Quel terrain choisir pour un parc photovoltaïque au sol
Le choix du terrain conditionne la faisabilité technique, administrative et économique du projet. Un bon foncier n’est pas seulement un espace libre. Il doit offrir une surface suffisante, une bonne exposition au soleil, une compatibilité urbanistique et un niveau de contrainte environnementale acceptable.
Les terrains plats situés en zone industrielle ou en zone d’activités sont souvent plus simples à développer. D’autres emprises peuvent aussi convenir lorsqu’elles sont peu ou mal valorisées :

- terrains non cultivables ;
- friches industrielles ;
- friches agricoles ;
- sites pollués ;
- anciennes carrières ;
- décharges ;
- zones artisanales ;
- prairies ;
- terrains routiers ou ferroviaires délaissés ;
- surfaces cultivées à faible rendement.
La localisation dans le sud de la France n’est pas une obligation. Le productible sera différent selon les régions, mais des projets peuvent être conçus partout en France dès lors que le terrain est étendu et correctement exposé.
Peut-on installer un parc photovoltaïque au sol sur une friche
Oui, une friche fait partie des terrains les plus recherchés pour ce type de projet. Les friches industrielles, anciennes carrières, sites dégradés ou pollués présentent un intérêt fort, car elles permettent de produire de l’énergie sans mobiliser prioritairement des terres à fort usage agricole ou naturel.
Cette orientation s’inscrit dans une logique de sobriété foncière et de meilleure acceptabilité locale. Le cadre réglementaire récent cherche justement à mieux encadrer la consommation d’espaces naturels, agricoles et forestiers. Le décret du 29 décembre 2023 et les textes associés précisent les modalités de prise en compte des installations photovoltaïques au sol dans le calcul de la consommation d’espaces NAF. Sous certaines conditions techniques, un parc peut être considéré comme une zone non artificialisée.
Pour autant, une friche n’est pas automatiquement simple à exploiter. Des contraintes peuvent apparaître :
- pollution résiduelle du sol ;
- servitudes existantes ;
- accès chantier limité ;
- raccordement électrique éloigné ;
- enjeux écologiques liés à la recolonisation naturelle du site.
Un terrain dégradé reste donc intéressant, mais demande souvent des études plus fines.
Quelle surface faut-il pour une ferme solaire
La surface dépend de la puissance visée, de la technologie choisie, du relief, des distances entre rangées et des contraintes du site. Une centrale au sol est un projet de grande envergure, rarement pertinent sur une petite parcelle isolée.
Les projets peuvent aller de petites centrales au sol de moins de 100 kWc jusqu’à des installations de 5 MWc ou davantage, et certaines dépassent largement 1 MWc. Plus la puissance augmente, plus le besoin foncier devient important.
En pratique, l’étude de faisabilité examine notamment :
- la surface utile réellement exploitable ;
- la pente et la portance du terrain ;
- les zones d’exclusion ;
- les distances de sécurité ;
- l’accès au réseau ;
- les possibilités de coactivité, par exemple en agrivoltaïsme.
Pour un propriétaire foncier, la vraie question n’est pas seulement la taille brute de la parcelle, mais la surface nette aménageable après prise en compte des contraintes techniques et réglementaires.
Quel cadre réglementaire s’applique à un parc photovoltaïque au sol
Le développement d’un parc photovoltaïque au sol est encadré par le droit de l’urbanisme, le droit de l’environnement et les règles locales de planification. Le projet doit aussi intégrer les orientations énergétiques nationales et territoriales.
La loi APER du 10 mars 2023 a renforcé la planification locale, avec des zones d’accélération des énergies renouvelables définies par les communes. Pour les terrains agricoles, naturels ou forestiers, le décret du 8 avril 2024 encadre plus précisément le développement de l’agrivoltaïsme et les conditions d’implantation.
Le contexte local compte beaucoup. En Nouvelle-Aquitaine, par exemple, la région occupe une place de premier plan dans la production solaire française, avec un objectif de 50 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie en 2030 selon le SRADDET, puis 100 % en 2050.
Au-delà de l’énergie, la question de la biodiversité est centrale. L’OFB et l’ADEME développent des outils d’aide à la décision pour mieux concilier le déploiement des centrales et la préservation des milieux.
Faut-il un permis de construire pour un parc photovoltaïque au sol
Une autorisation d’urbanisme est nécessaire pour toute installation supérieure à 3 kWc. Ensuite, le régime varie selon la puissance du projet et parfois selon l’interprétation opérationnelle retenue par les acteurs.
Les repères généralement cités sont les suivants :
- déclaration préalable pour les installations de puissance inférieure à 1 MWc ;
- permis de construire pour les installations de puissance supérieure à 1 MWc.
Certaines sources professionnelles indiquent aussi un seuil opérationnel à 250 kWc, avec déclaration préalable en dessous et permis de construire au-dessus. Cette variation montre pourquoi une vérification précise du dossier est indispensable dès le démarrage, en lien avec la commune, les services instructeurs et le développeur.
À cela s’ajoutent d’autres démarches selon les cas :
- demande de raccordement ;
- contrôle et conformité électrique, notamment via le Consuel ;
- enquête publique si le projet y est soumis ;
- autorisations environnementales complémentaires selon le site.
Les délais administratifs peuvent être longs. Ils doivent être intégrés très tôt dans le calendrier global du projet.
Quelles études sont demandées avant le dépôt du projet
La première étape est une étude de faisabilité. Elle évalue la ressource solaire, la viabilité économique, la configuration technique, les contraintes juridiques et les perspectives de rentabilité.
Pour les projets de plus grande taille, l’analyse environnementale devient déterminante. Les références disponibles mentionnent notamment :
- une étude d’impact environnemental pour les projets de plus de 250 kWc selon certaines sources métier ;
- une évaluation environnementale pour les centrales au sol égales ou supérieures à 1 MWc ;
- une enquête publique dans les cas prévus par la réglementation.
Le contenu des études peut couvrir :
- l’ensoleillement et le productible ;
- la topographie ;
- la nature du sol ;
- le raccordement ;
- la biodiversité ;
- le paysage ;
- les impacts agricoles ;
- la réversibilité du site ;
- le démantèlement et la remise en état.
Un projet solide repose souvent sur un développeur spécialisé, capable de piloter l’ingénierie, les autorisations, le financement, la construction, l’exploitation et parfois la cession du parc après mise en service.
Combien coûte un parc photovoltaïque au sol
Le coût d’un parc photovoltaïque au sol varie fortement selon la puissance, la technologie, le foncier, le raccordement et les contraintes réglementaires. Il s’agit d’un investissement lourd, bien éloigné d’une petite installation solaire en toiture.
Dans la majorité des montages proposés aux propriétaires fonciers, le financement est porté par le développeur ou le producteur. Les frais de développement, de construction, d’exploitation et de maintenance ne sont donc pas supportés par le propriétaire du terrain. Celui-ci perçoit plutôt un revenu via la location ou la vente de la parcelle.
Le projet comprend généralement plusieurs postes :
- études préalables ;
- ingénierie et conception ;
- démarches administratives ;
- structures et panneaux ;
- onduleurs et équipements électriques ;
- travaux d’accès et de terrassement ;
- raccordement réseau ;
- maintenance ;
- démantèlement et remise en état en fin d’exploitation.
Quels facteurs font varier le budget d’une centrale solaire
Le budget final dépend d’un ensemble de paramètres techniques et territoriaux. Les écarts peuvent être très sensibles entre deux projets de puissance comparable.
| Facteur | Impact sur le coût | Commentaire |
|---|---|---|
| Puissance installée | Très fort | Plus la centrale est grande, plus l’investissement global augmente |
| Type de structure | Fort | Les trackers coûtent plus cher qu’une structure fixe |
| Nature du terrain | Fort | Pente, portance, pollution ou accès difficile augmentent les travaux |
| Raccordement | Très fort | La distance au réseau peut peser lourd dans l’équation économique |
| Études environnementales | Moyen à fort | Selon les enjeux biodiversité et paysage |
| Sécurisation du site | Moyen | Clôtures, vidéosurveillance, voiries et contrôle d’accès |
| Maintenance et exploitation | Moyen | Dépend de la technologie et de l’accessibilité |
Le coût global doit être mis en regard de la durée d’exploitation. Les opérateurs mettent souvent en avant des installations modulables, démontables et réversibles, avec engagement de démantèlement et de remise en état du site à la fin du contrat.
Quelle rentabilité pour une centrale solaire au sol
La rentabilité d’une centrale solaire au sol dépend du productible, du mode de valorisation de l’électricité, du coût du raccordement, du niveau d’investissement et des conditions contractuelles. Pour un investisseur, l’analyse porte sur le retour sur capital. Pour un propriétaire foncier, la logique est différente, puisqu’il s’agit surtout de revenus locatifs ou d’une vente de terrain.
Le contexte national reste porteur. En 2023, le solaire représentait 4,52 % du mix énergétique français, soit le double de 2019 selon les données publiées en 2024. Les centrales au sol et les grandes toitures de plus de 1 MWc représentent environ la moitié de la puissance solaire totale en France, ce qui confirme leur poids croissant dans le système électrique.
Quels revenus attendre de la location ou de la vente d’un terrain
Pour un propriétaire, deux modèles dominent :
- La location du terrain, avec perception d’un loyer sur la durée du bail
- La vente du foncier, lorsque l’opérateur souhaite acquérir la parcelle
Le montage le plus fréquent reste la location longue durée. Il permet de valoriser un terrain peu exploité sans supporter le coût du projet. Ce point est mis en avant par plusieurs acteurs du secteur, qui précisent que le propriétaire n’a généralement aucun investissement à financer.
Le niveau exact de revenu dépend :
- de la superficie utile ;
- de la situation géographique ;
- de la facilité de raccordement ;
- du type de terrain ;
- de la concurrence locale entre développeurs ;
- de la solidité économique du projet.
Pour les agriculteurs, la ferme solaire peut devenir un outil de diversification, notamment sur des pâturages, surfaces à faible rendement ou parcelles difficilement exploitables. Lorsque le projet relève de l’agrivoltaïsme, la production solaire doit toutefois rester compatible avec une véritable activité agricole.
Quelles aides existent pour un parc photovoltaïque au sol
Les aides directes au sens grand public ne sont pas le principal levier de ce type de projet. Pour les centrales au sol, le modèle repose davantage sur :
- les mécanismes de vente d’électricité ;
- les appels d’offres selon la taille et le montage du projet ;
- les PPA, contrats d’achat d’électricité de gré à gré ;
- les schémas d’autoconsommation collective ou d’alimentation directe d’un site ;
- la sécurisation contractuelle apportée par un développeur ou un énergéticien.
Les aides les plus utiles sont souvent indirectes, via l’accompagnement technique, les études personnalisées, le diagnostic de conformité du terrain et la prise en charge de l’ensemble du développement par l’opérateur. Ce cadre réduit le risque pour le propriétaire foncier et facilite le passage de l’idée au projet exploitable.
Un parc photovoltaïque au sol bien conçu n’est pas seulement une source d’électricité verte. C’est un projet foncier, énergétique et territorial qui doit tenir sur trois piliers à la fois, la faisabilité réglementaire, la cohérence environnementale et la solidité économique. Un terrain dégradé, bien exposé et correctement raccordable offre souvent le meilleur point de départ. Avant de signer une promesse foncière, il reste pertinent de comparer plusieurs développeurs, de vérifier les engagements sur la remise en état du site et d’examiner la place réelle du projet dans son territoire. C’est souvent à ce niveau que se joue la qualité d’une centrale, bien plus que dans la seule puissance installée.





