Le pilotage chauffe eau photovoltaïque consiste à faire fonctionner le ballon d’eau chaude aux moments les plus intéressants, soit pendant les heures creuses, soit quand les panneaux solaires produisent un surplus. L’objectif est simple, consommer sur place une électricité déjà produite, limiter les injections peu valorisées sur le réseau et réduire le coût de l’eau chaude sanitaire.
Ce sujet mérite de l’attention, car le chauffe-eau pèse lourd dans les dépenses d’un foyer. Selon les données reprises par Thermor, l’eau chaude représente environ 15 à 20 % de la facture d’électricité, et le chauffe-eau peut compter pour 20 % de la facture annuelle. Avec un pilotage pertinent, les économies annoncées pour certaines solutions se situent autour de 110 à 250 € par an.
Le bon choix dépend du type de chauffe-eau, du tableau électrique, de l’installation solaire, du mode de comptage et du niveau d’automatisation recherché. Entre routeur solaire, contacteur intelligent, horloge et domotique, il existe aujourd’hui des solutions très simples comme des montages plus avancés.
Qu’est-ce que le pilotage d’un chauffe eau photovoltaïque ?
Le pilotage d’un chauffe-eau consiste à automatiser ou adapter la chauffe pour qu’elle se déclenche quand l’électricité coûte le moins cher ou quand elle est produite localement. Dans un logement équipé de panneaux photovoltaïques, cela revient souvent à privilégier la chauffe de l’eau pendant les pics de production solaire en journée.
Le principe relève de l’autoconsommation. L’électricité issue des panneaux est utilisée directement dans le logement, au lieu d’être envoyée sur le réseau. Le ballon d’eau chaude devient alors un moyen simple de stocker une partie de cette énergie sous forme de chaleur.
Comment fonctionne le surplus solaire pour chauffer l’eau ?
Quand les panneaux produisent plus que ce que la maison consomme à un instant donné, il y a un surplus solaire. Un équipement de pilotage peut détecter ce surplus et l’orienter vers la résistance du chauffe-eau.
Le cas le plus parlant est celui d’un routeur solaire. Si la résistance du ballon consomme 2000 W et que le surplus instantané n’est que de 500 W, un routeur compatible peut envoyer ces 500 W vers le chauffe-eau au lieu de les injecter sur le réseau. C’est précisément le fonctionnement décrit pour le routeur Solu’Sun.
Dans la pratique, plusieurs logiques existent :
- déclenchement tout ou rien, quand le surplus dépasse un certain seuil
- modulation de puissance, si le routeur est conçu pour ajuster l’énergie envoyée
- programmation horaire, en calant la chauffe sur les heures d’ensoleillement habituelles
- pilotage intelligent, avec prise en compte de la météo, des tarifs et des habitudes de consommation
Pourquoi le chauffe eau reste connecté au réseau électrique ?
Le photovoltaïque ne garantit pas une production continue. Quand le ciel est couvert, en hiver ou tôt le matin, la puissance solaire peut être insuffisante pour atteindre la température de consigne. Le chauffe-eau reste donc relié au réseau électrique pour assurer la continuité du service.
Le confort ne change pas dans l’usage courant. La quantité d’eau chaude et la température restent comparables. Ce qui change, c’est surtout la source d’électricité utilisée pour chauffer l’eau.
Il ne faut pas confondre ce montage avec un chauffe-eau solaire thermique. Dans une installation photovoltaïque, les panneaux produisent de l’électricité. Dans une installation solaire thermique, des capteurs chauffent directement un fluide caloporteur qui transmet ensuite sa chaleur à l’eau du ballon.
Quels types de chauffe eau peuvent être pilotés avec le photovoltaïque ?
La bonne nouvelle est qu’un grand nombre de chauffe-eau peuvent être intégrés à une stratégie de pilotage solaire. Il ne s’agit pas forcément d’acheter un modèle présenté comme “spécial photovoltaïque”.

Peut-on utiliser un chauffe eau classique avec des panneaux solaires ?
Oui, un chauffe-eau électrique classique peut souvent être utilisé avec des panneaux photovoltaïques, à condition de choisir une solution de pilotage adaptée. Le plus simple consiste à agir via le tableau électrique avec un contacteur, un relais ou un routeur.
Chez Atlantic, l’idée mise en avant est claire, il n’existe pas nécessairement une gamme totalement à part, mais des chauffe-eau électriques ou thermodynamiques compatibles avec une logique photovoltaïque. Chez Thermor, certains modèles peuvent être programmés sur les heures d’ensoleillement ou disposent de fonctions plus avancées.
Quelques exemples cités :
- Thermor Aéromax 5, compatible nativement avec une installation photovoltaïque
- Thermor Aéromax 6, compatible nativement avec une installation photovoltaïque
- Thermor Aéromax split 3, compatible nativement avec une installation photovoltaïque
- Thermor Duralis Connect, programmable selon les périodes d’ensoleillement
- Thermor Aéromax Acces, programmable selon les périodes d’ensoleillement
Faut-il un chauffe eau compatible pour utiliser le surplus solaire ?
Pas toujours. Tout dépend de la méthode retenue.
Un chauffe-eau standard peut être piloté indirectement si l’installation agit sur son alimentation électrique. En revanche, certaines fonctions avancées, comme un mode PV intégré ou des entrées de commande dédiées, demandent un modèle compatible.
Sur le forum Home Assistant francophone, un utilisateur de Thermor Aéromax 6 indique disposer d’une entrée I1 pour un signal HC/HP ou PV, et d’une entrée I2 pour une demande smartgrid. Il précise aussi qu’en mode PV, une consigne à 62 °C peut être associée au signal reçu. Deux seuils sont évoqués dans les échanges, 450 W pour la PAC seule, et 1650 W pour PAC plus électricité.
En revanche, il existe aussi des limites de compatibilité. Le routeur Solu’Sun annonce par exemple une incompatibilité avec les ballons équipés de cartes ACI, comme certains modèles Atlantic, et avec les installations triphasées. Il fonctionne de plus avec des thermostats mécaniques et nécessite un minimum d’environ 300 à 500 W d’injection pour se déclencher.
Comment savoir si mon installation est compatible avec le pilotage solaire ?
Avant d’acheter un matériel, un point technique s’impose. La compatibilité dépend autant du ballon que du réseau électrique domestique et du mode de production photovoltaïque.
Quels sont les critères de compatibilité avec une installation solaire ?
Les principaux critères à vérifier sont les suivants :
- type de chauffe-eau, électrique classique, thermodynamique, avec thermostat mécanique ou électronique
- présence d’entrées de commande, comme un signal heures creuses, PV ou smartgrid
- puissance de la résistance, souvent 1200 W, 1800 W, 2000 W ou plus
- type d’onduleur, central ou micro-onduleurs
- mesure du surplus, indispensable pour un pilotage fin
- câblage existant, notamment le contacteur jour nuit et le disjoncteur 2A
- monophasé ou triphasé, car certains routeurs ne gèrent qu’un seul cas
La nature de l’installation photovoltaïque compte aussi. Une petite installation de 450 Wc peut afficher un taux d’autoconsommation proche de 100 %, car presque toute l’énergie produite est absorbée par les usages permanents du logement. En revanche, elle ne couvrira qu’environ 5 à 10 % des besoins totaux d’une maison en taux d’autoproduction. À l’inverse, une installation de 2 kWc ou 6 kWc génère plus facilement du surplus exploitable pour un ballon d’eau chaude.
Quelle solution choisir en monophasé ou en triphasé ?
En monophasé, le choix est plus large. La plupart des routeurs solaires grand public, des contacteurs intelligents et des solutions domotiques sont pensés pour ce type d’installation.
En triphasé, il faut vérifier la documentation produit très attentivement. Certains équipements ne sont pas compatibles. C’est le cas du routeur Solu’Sun selon les informations communiquées par la marque.
Quand l’installation est plus complexe, la solution la plus robuste passe souvent par :
- une étude de l’électricien
- une mesure de puissance par phase
- un pilotage domotique plus avancé, si le matériel standard ne suffit pas
Quels équipements permettent de déclencher la chauffe ?
Plusieurs familles d’équipements existent, avec des niveaux de complexité et de budget très différents.
| Équipement | Fonction principale | Budget indicatif | Profil adapté |
|---|---|---|---|
| Contacteur heures creuses | Chauffer la nuit au tarif réduit | Faible | Besoin simple, sans solaire avancé |
| Prise connectée ou box domotique | Programmer des plages horaires et piloter à distance | Faible à moyen | Usage souple, automatisation légère |
| Contacteur intelligent | Automatiser selon météo, tarifs, consommation | Moyen | Recherche d’optimisation sans gros paramétrage |
| Routeur solaire | Envoyer le surplus photovoltaïque au chauffe-eau | Moyen | Maximiser l’autoconsommation |
| Domotique type Home Assistant | Créer des scénarios sur mesure | Variable | Utilisateurs à l’aise techniquement |
Quel routeur solaire choisir pour un chauffe eau ?
Le bon routeur dépend de trois points, la compatibilité électrique, la simplicité de mise en service et la gestion réelle du surplus.
Le routeur Solu’Sun est affiché à 319,00 € TTC. Son intérêt tient à une logique claire, rediriger l’excédent vers la résistance du ballon. Il faut toutefois garder ses contraintes en tête, notamment les incompatibilités déjà citées et le besoin d’un seuil minimal d’injection.
Du côté des retours d’expérience, la recherche d’une solution simple revient souvent. Sur forum-photovoltaique.fr, Nahdrien écrit : « Je recherche donc un routeur en « plug and play »… Enfin un routeur qui sera « calibré » sans que je sois obliger d’entrer des lignes de commande ou autre pour que cela fonctionne ! »
Dans le même échange, Mathieu3878 répond : « Je pense que le routeur Tignous sera parfait pour toi. Tu branches et cela marche sans configuration. »
Ces retours montrent bien la ligne de partage actuelle du marché, d’un côté des solutions prêtes à brancher, de l’autre des montages plus ouverts mais aussi plus techniques.

Faut-il un contacteur, un relais ou une solution domotique ?
Le contacteur jour nuit reste la base la plus simple et la plus économique. Il chauffe le ballon en heures creuses, sans relation directe avec la production solaire. C’est utile en complément, mais cela ne maximise pas l’autoconsommation.
Le contacteur intelligent apporte un cran supplémentaire. Ecojoko met en avant un pilotage automatique tenant compte de la météo et des tarifs, avec une estimation d’économies de 110 à 250 € par an.
La domotique devient pertinente si le logement est déjà équipé d’un système de supervision. Sur le forum Arduino, biggil résume bien la situation : « J’imagine pas trop trouver dans le commerce un boitier tout fait qui fait ça. Mais sans doute un Arduino peut aider ! »
Avec Home Assistant, des relais connectés ou des modules Shelly, il est possible de déclencher la chauffe selon des règles personnalisées, par exemple seulement si :
- le surplus dépasse 700 W pendant 10 minutes
- la température du ballon est sous un certain seuil
- il reste au moins 3 heures d’ensoleillement prévues
- les heures creuses démarrent dans moins de 2 heures, ce qui peut éviter une chauffe partielle peu utile
Comment piloter un chauffe eau photovoltaïque simplement ?
La simplicité repose sur une méthode claire, mesurer, décider, déclencher. Il n’est pas nécessaire de créer un système complexe pour obtenir un résultat utile.
Quels capteurs mesurer pour détecter le surplus disponible ?
Pour piloter correctement un chauffe-eau sur surplus solaire, il faut au minimum connaître :
- la production photovoltaïque instantanée
- la consommation électrique de la maison
- le flux réseau, import ou injection
Un watt-mètre à partir de 20 € peut déjà aider à comprendre les profils de consommation. Pour une gestion automatisée, on monte plutôt vers des modules de mesure intégrés au tableau ou des capteurs communiquant avec une box domotique.
Dans les retours Home Assistant, un utilisateur équipé d’un RPi3, de prises Wi‑Fi, de Tydom et de Zigbee explique qu’il lui manque surtout une mesure du surplus et un moyen d’envoyer le signal HP/HC ou PV à son chauffe-eau. C’est souvent le vrai point bloquant, plus que la logique logicielle elle-même.
Comment adapter les horaires de chauffe à la production solaire ?
Quand le surplus n’est pas mesuré en temps réel, une approche simple consiste à programmer la chauffe en journée, sur les créneaux où la production est généralement la plus forte, souvent entre 11 h et 16 h selon la saison et l’orientation des panneaux.
Cette méthode reste imparfaite, mais elle fonctionne déjà mieux qu’une chauffe uniquement nocturne si le logement produit régulièrement un excédent solaire.
Avec une solution plus avancée, la chauffe peut être adaptée selon :
- la météo prévue pour la journée
- le niveau de production déjà atteint le matin
- la température d’eau disponible dans le ballon
- le besoin d’appoint nocturne en heures creuses
Le but est de chauffer le plus possible pendant la journée, puis d’utiliser les heures creuses seulement si la consigne n’a pas été atteinte.
Comment utiliser les heures creuses en complément du solaire ?
Les heures creuses restent un excellent complément, surtout en hiver, par mauvais temps ou dans les foyers avec une forte consommation d’eau chaude. Elles sécurisent le confort tout en évitant de basculer sur des heures pleines plus coûteuses.
Une logique efficace consiste à :
- prioriser le surplus solaire en journée
- autoriser un appoint en heures creuses si la température du ballon est insuffisante
- bloquer la chauffe en heures pleines, sauf urgence ou besoin particulier
Le chauffe eau risque-t-il de consommer le réseau la nuit ?
Oui, si rien n’est prévu pour l’en empêcher. C’est une question très fréquente chez les utilisateurs qui cherchent à valoriser au maximum leur production photovoltaïque.
Selon le câblage et le mode de commande, le ballon peut redémarrer la nuit sur le réseau pour terminer sa chauffe. Cela peut être souhaitable pour garantir l’eau chaude, mais cela peut aussi réduire l’intérêt de l’autoconsommation si le pilotage est mal réglé.
Plusieurs solutions existent :
- garder le contacteur heures creuses pour un appoint limité
- ajouter une horloge pour couper une partie de la nuit
- définir une température minimale acceptable avant autorisation de chauffe nocturne
- utiliser une logique domotique qui décide au cas par cas
C’est dans ce cadre que certains utilisateurs évoquent l’idée d’une horloge en complément d’un routeur solaire, afin d’éviter une reprise systématique de la chauffe pendant la nuit.
Quels gains espérer sur la facture d’électricité ?
Les gains varient selon la taille de l’installation photovoltaïque, le nombre d’occupants, la capacité du ballon, les horaires de présence au domicile et le tarif d’électricité.
Le chauffe-eau étant un poste de dépense important, le levier peut être réel. Quand une partie significative de l’eau chaude est produite avec le surplus solaire, l’impact sur la facture est généralement visible.
Le pilotage du chauffe eau permet-il vraiment de faire des économies ?
Oui, à condition que le logement dispose d’un vrai surplus en journée et que le pilotage évite les déclenchements inutiles sur le réseau.
Les économies annoncées pour un contacteur intelligent ou un routeur solaire vont de 110 € à 250 € par an. Dans un contexte de hausse et de fluctuations des prix de l’électricité en France, ce niveau d’économie devient plus intéressant qu’il y a quelques années.
Au-delà de la facture directe, le pilotage améliore aussi :
- le taux d’autoconsommation
- la valorisation de l’installation photovoltaïque
- la réduction du surplus injecté au réseau
- l’amortissement global du projet solaire
Les retours d’utilisateurs confirment surtout l’intérêt pratique. Sur forum-photovoltaique.fr, Nahdrien explique : « Je vais bientôt être munie de panneaux photovoltaïques d’une capacité de 6kwc en autoconsommation avec rachat du surplus par EDF dans le sud de la France. Dans le but de vendre le moins possible à EDF, j’aimerai utiliser mon surplus dans mon chauffe eau électrique. »
Sur forum.hacf.fr, Pantoufle écrit : « Dans mon cas, c’est le signal PV que je souhaite utiliser. Je dispose d’une installation 2kWc avec du surplus que j’aimerais utiliser davantage. » Plus loin, le même utilisateur conclut à propos de son montage : « Donc ça fait le taf. »
Quel budget prévoir pour un pilotage chauffe eau photovoltaïque ?
Le budget dépend du niveau d’ambition du projet. Un réglage simple par horaires ne coûte pas la même chose qu’un pilotage intelligent avec mesure temps réel et scénarios domotiques.
| Solution | Prix observé ou indicatif | Ce que cela couvre |
|---|---|---|
| Watt-mètre | À partir de 20 € | Mesurer consommation et mieux comprendre les usages |
| Horloge ou commande simple | Faible coût | Programmer des plages de chauffe fixes |
| Routeur solaire Solu’Sun | 319,00 € TTC | Rediriger le surplus vers le chauffe-eau |
| Station solaire plug and play | À partir de 590 € | Point d’entrée dans l’autoconsommation, hors pilotage avancé |
| Contacteur intelligent | Variable selon l’offre | Pilotage automatisé avec optimisation des horaires |
| Domotique personnalisée | Variable | Mesure, scénarios, supervision, pilotage sur mesure |
À ces montants peuvent s’ajouter :
- la pose par un électricien
- les capteurs de mesure
- un relais ou contacteur complémentaire
- une box domotique si le logement n’en possède pas déjà
Le critère le plus utile pour arbitrer n’est pas seulement le prix d’achat. Il faut regarder le temps de retour, la simplicité d’usage au quotidien et la compatibilité avec l’installation existante. Un système peu cher mais mal adapté peut faire perdre plus de temps que d’argent. À l’inverse, un équipement bien choisi, même un peu plus coûteux, peut stabiliser les usages pendant des années et améliorer nettement l’intérêt de l’autoconsommation solaire.
Pour un foyer qui cherche une solution simple, le bon point de départ consiste souvent à mesurer la production et le surplus réel pendant quelques semaines, puis à choisir entre trois options, programmation horaire, routeur solaire ou pilotage intelligent. Cette étape évite d’acheter un matériel surdimensionné ou incompatible, notamment en présence de micro-onduleurs, d’un ballon électronique ou d’une installation triphasée.





